Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Autour du Mont-Sainte-Odile, le Mur Païen

Epfig, la chapelle Sainte Marguerite

16 Août 2013 , Rédigé par PiP, vélodidacte Publié dans #lieu

Au Xème siècle, l’Abbesse Rotrud d’Erstein, fille de l’empereur Lothaire, fait construire un couvent au dessous du village d’Epfig. La chapelle Sainte Marguerite serait l’église de ce couvent aujourd’hui disparu.
Située en contrebas du village, à la limite des dernières vignes, la Chapelle est une petite merveille de l’art roman, trop souvent oubliée. Ne ratez pas ce joyau au pied du vignoble, vous en conserverez un beau souvenir, marquant.
Selon les connaisseurs, la chapelle d’Epfig date de la première moitié du XIème siècle.

Extérieur de la Chapelle

Le petit sanctuaire est précédé d’un jardin ‘médiéval’.

Les différents carrés sont cernés de buis. Plantes médicinales, plantes aromatiques, fleurs, petits fruitiers. Angélique, bourrache, choux variés, ciboulette, giroflées, soucis, narcisses du poète, et même le fameux ‘ail des ours’. L’ensemble est entretenu avec soin, au centre, une petite fontaine. Une allée de vieux ifs mène à la chapelle.

L’élément marquant de Sainte Marguerite est la magnifique galerie romane qui jouxte la chapelle sur les versants ouest et sud. Les spécialistes datent cette galerie du XIIème siècle. Cette disposition en L est unique en Alsace. Vous pouvez par contre la retrouver dans plusieurs églises dans la Marne. Témoin, l’église de Larzicourt, où le porche et la galerie sont cependant de bois. La galerie actuelle est peut-être un réemploi des pierres du cloître du couvent de Rotrud.

Construite en grès jaune, la galerie présente une succession de belles colonnettes romanes sur lesquelles repose la toiture. Les fûts sont cylindriques et posés sur des embases cubiques avec lobes, de même forme que les chapiteaux. Certains présentent des becs d’angle et sont soulignés de fines astragales. Les tailloirs évasés sont ornés de petits cylindres. L’ensemble est de toute beauté.

La tour, posée sur la croisée du transept, est ajourée de baies géminées avec colonnettes. Celles-ci sont plus simples, sans chapiteaux, très proches de celles de l'église d’ Oberkirch à Obernai. Les seules sculptures anciennes de Sainte-Marguerite sont deux têtes romanes, érodées. Elles sont curieusement juxtaposées sur une console à la retombée du toit.

Avant de pénétrer dans la chapelle, admirons le portail. L’assemblage du linteau semble fort ancien. La découpe répartit mécaniquement les efforts entre les blocs monolithes de grande dimension. Impressionnant ! Seul ornement, le tympan porte une décoration en ‘arêtes de poissons’, réalisée au pic, comme à Eschau, à quelques kilomètres de là.

Intérieur de la Chapelle

L’intérieur de la chapelle montre moins d’unité.
Les seuls éléments romans sont la voûte en berceau, à rapprocher de celle de la chapelle Saint-Nicolas, près de Niedermunster, les baies de la nef et le bénitier situé près du portail.
La croisée du transept est gothique et tardive, ainsi que les vitraux. On reconnaît Sainte Marguerite et Sainte Barbe dans le chœur.
Les murs et voûtes sont ornés de peintures murales du XVIème siècle.

Ossuaire d’ Epfig

La chapelle se trouve au centre d’un petit cimetière entouré de murs massifs. Au Moyen Age, la place était fortifiée. Adossé au mur Nord du sanctuaire se trouve un ossuaire.
Bien sûr, on pense à la bataille de Scherwiller en 1525, où les troupes du Duc de Lorraine vainquirent les Rustauds. Cette Guerre des Paysans contre les puissants de l’époque se termina par un terrible bain de sang. Les paysans furent massacrés par les soldats du Duc. Les ossements de Sainte Marguerite portent les traces de coups, de blessures violentes. L’hypothèse n’est pas à écarter.
Certains auteurs parlent de la campagne de Turenne, cent cinquante ans plus tard. Dernière version, les ossements pourraient simplement provenir d’un regroupement provenant du cimetière communal devenu trop petit…
A quelques kilomètres au sud-ouest, la chapelle Saint-Sébastien à Dambach présente également un ossuaire des Rustauds. Au nord, signalons également le petit ossuaire de la Chapelle Notre-Dame de Valff.
Dernier détail historique, au bout de l’allée d’ifs, une tombe porte une inscription rappelant le triste passage d’ Euloge Schneider et de sa guillotine à Epfig en 1793.

Balade à Epfig

Située sur le Piémont des Vosges, Epfig est cernée de vignobles. L’accès à bicyclette est facile et plaisant. Il permet de pousser jusqu’à Dambach déjà cité, ou bien de prolonger un itinéraire roman vers Andlau et son abbatiale.

Quelques dates
  • A partir du Xème, Epfig est possession de l’Évêque de Strasbourg. La Chapelle est entourée alors d’un cimetière fortifié.
  • XIème siècle, construction de la chapelle entre 1040 et 1050
  • XIIème siècle, réalisation de la galerie, début du siècle
  • 1439 Epfig détruit par les Armagnacs
  • 1516 Travaux à Sainte Marguerite : chapelle latérale et voûte de la croisée remaniée
  • XVIème : peintures murales
Illustrations
  • Photos 1-2, Chapelle Sainte Marguerite, photos de LiD
  • Schéma de colonne, PiP
  • Le décor en arête de poisson, PiP
  • Photos 3-4, Les têtes jumelles, PiP

Sources
  • Site internet des ‘Amis de la Chapelle Sainte Marguerite’.
  • Suzanne Braun, Alsace Romane, 2010

 

Chapelle Sainte Marguerite , L.D.

Chapelle Sainte Marguerite , L.D.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
W
It was actually never below the sands. These are just hoaxes to boost up the media. But still the stories are true about its origin and that alone can be said to be the glory of the church. And I am going to this place next week. How cool is that?
Répondre
P
Mir redet elsessich...